Elabakana (glissement perpétuel)

 

Le travail d'Elabakana est un long processus de réflexion autour des conditions de ces rencontres, de ces mises en lien. Archéologue, historien(ne), politologue, enseignant, poète, musicien, écrivain, plasticiens, se sont succédés pour dessiner un monde « fait de concaténations de médiateurs pleinement agissant ». L'aboutissement, c'est un nouvel espace, un nouveau centre de remise en forme des corps qui se sont trouvés rejetés, sans statut, pour des échanges au profit direct des autres. Pour une fois, cette rencontre ne visait pas à réaffirmer, ou à affirme, une présence, la France dans l'océan Indien, mais au contraire la possibilité de créer autre chose...
Lerka, août 2006

Dans Elabakana, la découverte des facettes culturelles de l'océan Indien nourrit des pratiques artistiques actuelles. Le langage s'enrichit de formes originales. Il offre un nouvel essor à une plastique libre, interrogative et exploratrice, comme la puissante prosodie qu'on retrouve dans la littérature de la région. Les perles, à la fois objets et phraséologies, sont des parures matérialisant flux et sens. Elles sont un esprit : la valeur du monnayeur, la collection de l'amateur, la spiritualité du religieux. Elles sont ces parties qui, au gré des inspirations, forment un tout changeant de beauté. Les œuvres de ce glissement perpétuel mettent en forme les non-dits de l'écrit et de l'oral. Elles narrent un vécu de mémoires amputées par l'Histoire. Elles renouent avec un entendement empêché par les peurs humaines, les violences politiques ou larmes de l'oubli. Là où les dieux du verbe sont voilés, elles révèlent à l'œil, en langages singuliers, des paroles d'universel.
Christiane Rafidinarivo, 26 juin 2004

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