Andry Anjoanina

Andry Anjoanina

Andry Anjoanina, électricien de métier, est un artiste plasticien, connu surtout par ses peinture-sculptures et installations artistiques, scénographiques. Evoluant dans deux univers communément en contradiction, mais qui au final se rejoint : la science technique d’un côté et une subtile sensibilité n’appartenant qu’aux créateurs d’un autre. Contrairement à d’autres, l’un de ces univers ne sert pas uniquement à l’existence de l’autre. Pour Andry Anjoanina, la technique, la science devient métaphorique en se transposant dans le système - o ! bien complexe - de la vie en société, là où s’inspire et revient le sujet, l’objet de ces créations.

La rencontre avec Razafimanantsoa, l’a permis de parfaire ces démarches techniques vers la fin des années 1990. Puis en 2000, avec Richard Razafindrakoto, les questions essentielles, fondamentales se rapportant à « l’être artiste » lui a élargi d’autres horizons, d’autres univers, celui de l’ouverture à un foisonnement culturel illimité, matière première de la création artistique. En 2005, il a participé aux jeux de la francophonie.

Sonorités plastiques / Volavolam-peo

  • Dates Du 22 septembre au 12 octobre 2011

Le monde qui nous entoure est faits de bruits, de son, de formes et de couleurs. Il s’agit de domaines qui sont en étroites interactivités. Si, dans le domaine de la science physique, on a déjà déterminé avec précision les corrélations entre les couleurs et les sons, au niveau des sensations, il est toutefois des sonorités qui relèvent de la représentation culturelle qui échappent aux outils les plus perfectionnés. On peut visualiser les ondes sonores à l’aide d’un oscilloscope, toutefois il est difficile de matérialiser l’imaginaire sonore d’une société donnée. Comment peut –on transcrire la voix de la conscience qui est perçue comme transporteuse d’état d’âme ? Comment traduire, dans la culture malgache, des expressions qualitatives qui distinguent les voix « bleues » (manga feo) des voix blanches (fotsy feo) ? Comment expliquer que la couleur, comme le son, peuvent aussi bien l’une que l’autre, participer au mal-être de l’humain. De la musico-thérapie à la chromothérapie, l’art et la sensibilité se conjuguent incessamment pour mieux déterminer notre nature humaine. > Lire la suite

S’inscrivant dans l’universalité, le monde sonore est riche de diversité aussi bien dans ses manifestations que dans l’interprétation que l’homme peut en faire. Phénomène naturel, et culturel, le monde des sons est un espace de recherche privilégié pour l’artiste plasticien qui veut accéder à la profondeur et à la totalité de sa créativité.

Par une démarche plastique, je me propose d’établir un lien entre les différents champs de ma perception en dressant un pont entre la vue et l’ouïe ; entre les sons, les couleurs et les formes. Je voudrais matérialiser les gammes sonores, par définition impalpables, en produits visuels, chromatiques, formels et transcrire ainsi les dimensions de mes sensations à travers des œuvres plastiques. A travers des interprétations personnelles, nous nous proposons d’explorer plusieurs pistes en considérant le son comme pure énergie (sons et lumières) dotée de propriétés plastiques (sons et formes) et pouvant se manifester par des correspondances chromatiques (sons et couleurs). De ce fait, on peut considérer mes créations comme produit d’un modèle culturel et porteur de l’universel, de réinventer le son et la couleur afin de me réapproprier le monde.

Lignes directrices de l’exposition
A la différence de la reproduction, la naissance de l’art nécessite en permanence des recherches, des remises en questions perpétuelles. En tant qu’artiste contemporain, donc par essence un témoin de son époque, toutes formes de réalités sont matières à création, « objet de réflexion subjective ». Actuellement, face à l’apologie du progrès scientifique, traduit par l’ambition de maîtriser les éléments et ironiquement au déclin des principes élémentaires définissant ce qu’est l’humanité, le regard d’un artiste ne se laisse pas indifférencier par ce constat. Au contraire, sa sensibilité lui permet de jaillir de cette contradiction, de nouvelle perspective de création : ici le son prend forme, les voix ont des dimensions plastiques, les rumeurs, les commérages, les discussions, … sont physiquement palpables, incarnées par des sculptures, des peintures, des installations.

Ainsi, au prisme de la sensibilité artistique, la complexité des systèmes techniques tels que la propagation des ondes sonores, la réflexion de la lumière dans l’espace deviennent matières à création ; surtout que ces éléments, ont les mêmes systèmes de complexité que les réalités sociales. Mais la combinaison art-science ne s’arrête pas à titre métaphorique. Matière, forme, mot, couleur, image,… tous issus de notre environnement social s’entrecroisent et forment une dimension tangible, un objet recréé. Ainsi, se dressent, s’érigent des représentations picturales, des sculptures avoisinant l’aspect d’un xylophone - tout droit sorti d’un univers fantasmatique - pour évoquer la sonorité musicale transposée dans une dimension plastique. Tous ce foisonnement d’éléments constituent un univers intrinsèque, immanent, où de la souffrance émane, la joie de vivre, du malheur surgit, des espoirs, de la crise se dévoile des créations. Les sons, les voix, les rumeurs, qui dans les réalités sociales ne sont pas forcément positifs, mais peuvent être - au contraire - blessant, choquant, ou même humiliant, reprennent une seconde vie à travers cette démarche artistique. Il n’est plus alors question de compréhension, mais d’ouverture à un monde de sensations, d’impressions, d’émotions en dialogue. Un vaste univers où on touche les tonalités, on palpe les voix, on sculpte les bruits, un univers de sonorités plastiques.

 

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