Azaly Zakary (Isaac) / Joey Aresoa

Azaly Zakary (Isaac) / Joey Aresoa

Revenu à Madagascar en 2007, après quelques années d’études en arts plastiques et histoire de l’art en France (Lyon), Isaac de son vrai nom Zakaria Azaly, ne se destinait pas forcément à la peinture. Il a voulu d’abord s’orienter comme infographiste, pourtant, motivé par un ami peintre, il décide de s’y lancer et tenter sa chance en exposant ses premières oeuvres l’année de son arrivée à Tananarive, dans un restaurant de la capitale. Quelques ventes encourageantes seront le déclic, abandonnant ses études d’infographie, il rejoindra ses parents dans sa ville natale à Majunga en 2008 pour se consacrer uniquement à ses futures peintures. Evoluant d’abord dans un univers oscillant entre le travail figuratif et abstrait, il s’accapare la technique du pochoir, de l’afro pop art, de la figuration libre, du collage, du bad painting ou néo-expressionisme en découvrant les oeuvres « street art » de Yann Couedor, C215, Keith Harring, Basquiat, plus loin Duchamp et autres dadaïstes ou encore Robert Combas. > Lire la suite

Les influences majeures de ce jeune peintre malgache restent le grand Basquiat, dans son habileté à retranscrire les conditions de son peuple, avec des images parfois violentes ou la simplicité abstraite de ses tags. Puisant aussi dans les réflexions identitaires ou de la cause Noire, il rassemble des photographies tirées d’Internet, pour les isoler, les associer et reconstruire manuellement sur toile grâce aux pochoirs. Marqué par l’histoire de la Soul Music, du Jazz, les pochettes d’albums Trip-hop, de l’Afrobeat, aficionados du mouvement Hip-hop depuis ses 17 ans, Isaac s’inspire de tout ce qui l’entoure à travers la musique. La vie contemporaine, la culture urbaine, la société, ses vices et ses paradoxes, la double culture, l’imagerie télévisuelle et les magazines. Il place une importance dans l’Histoire et les aberrations de son pays pour traiter l’identité culturelle comme seul moteur artistique.

Sa rencontre chanceuse avec Tahina Rakotoarivony, son mentor, à Majunga en 2012, lui ouvrira les portes de l’Is’art Galerie à Tananarive en révélant des peintures sur fond d’aliénation, de mélancolie et de critique sociale sur le thème de « l’Observatoire des idioties intellectuelles. »

Code(s) mélanine

  • Dates Du 8 au 29 août 2013

Nous, je veux y croire.

Mais j’ai bien peur que ce « nous » ne soit qu’illusoire, tous adeptes du chacun pour soi. On est aveugles et divisés, préoccupés par le besoin, on veut le gain. On vit dans l’inconscience des enjeux, tout le monde mise sur notre repli. On sera toujours des mendiants aux portes de leur monde, tant qu’on croira que le respect se quémande. Le respect s’impose et la lutte est culturelle, nous on fait beaucoup de bruit pour rien, on donne peu de coups et on reçoit beaucoup de gifles. On ne peut pas reprocher aux autres ce qu’on est nous-mêmes. Le premier ennemi de l’Homme noir reste l’Homme noir, le doute est normal, c’est dans notre culture, depuis qu’ils ont voulu nous faire croire que « leur » passé sera notre futur. Et comment notre mentalité peut être corrigée? Qui s’indigne ? Qui s’insurge ? Qui en profite ? Qui se résigne ? Qui s’en moque ? Qui fait semblant ? Qui prétend comprendre l’autre aussi bien que lui-même ? > Lire la suite

Récupérez vos Malraux et vos Guevara, ce romantisme révolutionnaire pseudo-intellectuel insipide et autarcique d’une autre époque. Le monde s’ouvre à nous sans le vouloir, mon univers s’éloigne de cet îlot exotique aux charmes « vaporeux » qu’ils aiment tant exhiber aujourd’hui, une malgachitude étiolée à l’excès. Nous, c’est maintenant, la jeunesse, nos connaissances, nos déboires, nos faiblesses, le regard fixé sur l’Occident à travers le Web, la violence étalée sans vergogne dans les médias, le constat amer, les chaises musicales politiques, de nouveaux langages artistiques qui se développent, l’envie de créer et « les moyens » qu’il faut, la passion, la sale rengaine de vouloir être différent dans l’unanimité, la rhétorique du Bled , le quotidien, la culture urbaine universelle vivante, fraîche et énergique.

Malgré les différences et les enclaves injustement imposées par nos traditions délétères, métisse, malgache ou mal « gasy », Code(s) Mélanine s’adressent à ceux qui persistent hors des chemins battus, à ceux qui osent modeler et adapter ici sans honte ce qui se fait de mieux ailleurs, à ceux qui savent de quoi il s’agit. Et comme dit souvent mon père : « Un peuple fou a le Roi qu’il mérite ». Ses « artistes » ? Peut-être aussi.

« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »

« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse... »

 

1000 raisons de mourir
1000 raisons de mourir140 x 110 cm

1000 raisons de mourir
1000 raisons de tuer
1000 raisons de vivre
Effort de paix
Machiavel reconnaîtra les siens
Mon Art ne sert à rien
Rhétorique du bled
Sans titre
Votre passé ne sera pas notre futur