Gorée Walls

« Les murs nous ont attrapé »

« Etre artiste pour moi c'est simplement exprimer son inspiration. Peu importe la manière, la technique, le style et tout ces codes qui bloquent les gens dans la création. Etre artiste, c'est bien ça, créer ! Le fait que l'inspiration nous pousse à l'action, aller plus loin que l'idée, essayer de la mettre en forme.

C'est exactement ce qu'il s'est passé sur cette île. Gorée en soit est toujours un parcours initiatique et à chaque passage on y entre un peu plus en profondeur, on se rapproche de son cœur et si on tend bien l'oreille on peut parfois entendre son battement. Nous c'est les yeux qu'on a ouvert, que l'île nous a ouvert. Je pense que nous étions prêts à entendre son message et nous l'avons saisi afin de ne jamais l'oublier. > Lire la suite

Pour Tahina c'était la première fois qu'il foulait le sol de l'île mais en tant qu'africain je pense que Gorée était déjà inscrit dans son âme. Moi j'y suis passé déjà plusieurs fois et elle a su me déconstruire au fur et à mesure pour que cette fois je puisse la regarder avec mes yeux d'Homme faisant parti du tout, c'est en me libérant du poids historique qui pèse sur mon être social qu'elle m'a absorbé dans son universalité.

L'île aurait pu choisir mille façons de nous parler mais c'est par ses murs qu'elle s'est révélée à nous. Tahina est artiste plasticien à Antananarivo la capitale de Madagascar, et moi voila un bon nombre d'année que je graff dans tout les coins du monde que je découvre. Alors finalement l'île a bien choisi le langage pour nous parler. D'habitude les mûrs on aime les transformer avec nos pinceaux, rouleaux et autre bombes de peinture diffusant toutes les couleurs et formes sortant de nos esprits un peu tordus il faut l'avouer. Mais cette fois aucune envie de les transformer.

Des formes nous sont apparues sur ces murs repeints par le temps et les générations de femmes et d'hommes ayant vécu sur cette île. Et comme deux enfants ayant découvert un nouveau jeu, nous courrions pendant deux jours dans tous les coins et recoins de l'île pour y déceler quelques couleurs, quelques matières, quelques formes qui exprimaient toute la vie que Gorée avait imprimé sur ses murs.

Nous y avons vu des larmes, des cris, mais aussi beaucoup de couleurs et de joie. Ces quelques images que nous vous livrons resteront pour nous l'empreinte que cette île universelle nous a laissé au fond du cœur. »

RoMeiJ.

-
--

-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-